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   Une nuit, le vaisseau ducal qui ramenait Norbert de Roncenoir de son voyage à Cinaxa, entrait dans la rade de Suthéria. Le maître d'Ethyria était furieux. Dès que le gouverneur Gildric lui avait annoncé que sa fille Eleonor ne se trouvait pas au palais, il s'était irrité et ne comprenait pas pourquoi la jeune femme, qui pourtant avait accepté de devenir son épouse, n'était pas présente lors de la visite qu'il effectuait à Cinaxa dans le but de demander officiellement sa main. Qui plus est, la jeune fille semblait avoir disparu de la circulation et le duc, pendant un instant, avait cru que Gildric lui-même était le responsable de la fuite d'Eleonor. Il avait soupçonné ce dernier de lui refuser la main de sa fille et le gouverneur avait dû expliquer à Norbert que sa fille, qui avait été vue en compagnie de deux Méruviens dans la forêt de Phaéton, avait été ramenée séance tenante à Cinaxa et enfermée au palais, duquel elle se serait enfuie au cours d'une nuit d'orage.

   De retour au palais d' Ethyria, le duc était tellement énervé que, dans un premier temps, il refusa de voir ses conseillers les plus proches. C'est ainsi que le général Valère, puis le capitaine Hubert accompagné de son nouvel espion, l'ancien paysan Gunther, se virent à tour de rôle interdire l'entrée du bureau de Norbert de Roncenoir. Il marchait de long en large dans la pièce tout en jurant et pestant et, à un moment donné, s'arrêta devant sa table de travail, de laquelle, d'un vigoureux revers de main, il envoya se disperser au loin, livres, documents et autres objets d'ornementation.

   A l'extérieur, les deux gardes en faction devant la porte du duc se regardèrent tout hébétés et quelque peu apeurés. Dans le palais, les colères du duc étaient bien connues et chacun de ses subordonnés, y compris parmi les personnages les plus gradés, ne savait jamais à quoi s'en tenir lorsque Norbert montrait un excès de rage.

   Ouvrant brusquement la porte de son bureau, il se mit à invectiver les deux soldats.

   - Et bien idiots, qu'attendez-vous pour aller chercher une servante qui me nettoiera tout ce fatras et rangera mes documents ? Dépêchez-vous ou je vous fais pendre !

 

   Deux heures plus tard environ, dans la salle de réception du palais, le duc faisait appeler le capitaine Hubert et l'espion Gunther. Chaque fois que Norbert avait quelques basses oeuvres à faire exécuter, c'était à Hubert qu'il s'adressait. Pour les affaires concernant plus directement la stratégie et l'armée , c'est le général Valère qui était son interlocuteur.

   S'adressant au capitaine, le duc lui dit :

   - Je te donne deux missions à effectuer. La première est de retrouver et me ramener vivante, ici au palais, la fille du gouverneur Gildric de Cinaxa. Pour ce faire, tu enverras Gunther ici présent dans la capitale de Phaéton.

 

   Puis se tournant vers l'espion, il ajouta :

   - Là-bas, tu trouveras un moyen de te faire employer au palais. Je veux que tu y sois mes yeux et mes oreilles. Si tu apprends quoi que ce soit sur la destination prise par Eléonor, je veux que tu le fasses savoir immédiatement au capitaine Hubert. Autre chose, la fille aurait été vue en compagnie de deux Méruviens et si tu réussis à apprendre qui étaient ces deux hommes, tu seras richement récompensé. Maintenant, rentre immédiatement chez toi et attends toutes les instructions complémentaires du capitaine, mais sache que cette mission est d'une très grande importance à mes yeux.

 

   Saluant le duc et le capitaine, Gunther quitta la pièce et alla se préparer pour son voyage. Restés seuls, Norbert et Hubert poursuivirent leur conversation. Le duc reprit :

 

   - Je t'ai parlé d'une deuxième mission. Jusqu'ici je sais que tu as tout essayé pour retrouver la princesse Edwyna et ce, sans succès. Il m'est cependant venu une idée qui jettera enfin cette femme entre mes mains. Les frères et les soeurs du traître Bertrand sont actuellement au château de Zylnyel dans le Pays des Ombres. Je veux que tu envoies un homme de confiance dans la famille de cette Manon à Ixos afin qu'il puisse rencontrer le demi-frère d'Edwyna. J'exige que l'on me livre la princesse en échange de ses frères et soeurs détenus actuellement auprès de la nécromancienne. Il ne pourra pas refuser car s'il en était ainsi, je leur ferais parvenir la tête d'un des enfants jusqu'à ce que la princesse accepte de se livrer. Ici à Ethyria, on ignore qu'elle et cette Roswyn ne sont qu'une seule et même personne. Une fois entre mes mains je la ferai immédiatement transférer dans la tour noire où je la ferai exécuter en secret. Tant que Edwyna est en vie, je ne puis réellement être certain de garder le trône et cette idée me rend fou. Il faut qu'elle disparaisse !

 

   Tout satisfait de cette idée diabolique, un petit sourire cruel éclaira la face du capitaine Hubert. Il répondit :

 

   - Sire, je crois que cette idée que vous venez d'évoquer sera la meilleure manière de jeter cette femme à nos pieds et de nous en débarrasser une fois pour toutes. La princesse Edwyna ne refusera pas une telle transaction car elle essayera à tout prix de sauver la vie de ses frères et soeurs. Auriez vous une idée de qui nous pourrions envoyer à Ixos pour mener à bien cette mission ?

   - Non, répondit le duc. Je te laisse le soin de trouver cette personne toi-même mais sache que nous devrons avoir une entière confiance en sa fidélité.

   - Excusez-moi Sire, j'ai appris que le sorcier Arethos était depuis peu rentré à Ethyria. Il n'est pas connu à Ixos et pourrait parfaitement remplir cette mission, si vous acceptez qu'il s'en charge lui-même, bien entendu.

   - Arethos, dis-tu ? Effectivement, je l'ai reçu ici même au palais il y a quelques jours. Il est venu à Ethyria pour me donner des nouvelles de Zylnyel ainsi que des enfants de cette Manon. Il est toujours en ville, d'ailleurs.

 

   Semblant hésiter quelques instant, Norbert reprit néanmoins :

   - Tu as raison, c'est lui qu'il nous faut pour contacter le traître Bertrand et lui soumettre nos exigences. Je te donne donc carte blanche pour contacter l'Elfe Noir et lui expliquer ce que nous attendons de lui.

 

*   *   *

 

   Pendant que Gunther s'apprêtait à partir pour Cinaxa et que le capitaine Hubert entretenait le sorcier Arethos sur la mission qu'il avait à accomplir, un jeune homme et une jeune femme, habillés en paysans, déambulaient le long des rues d'Ethyria. De temps en temps, ils se retournaient afin de vérifier qu'ils n'étaient pas suivis et, au bout d'un moment, après avoir bien observé les environs, ils entrèrent dans une auberge d'aspect miteux et allèrent s'asseoir à une table située dans le fond de la pièce, là où ils pourraient parler sans être entendus.

   L'endroit était rempli de fêtards et de traîne-savattes qui avaient pour habitude de se retrouver dans ce lieu plus que modeste d'un quartier Est de la capitale. Un brouhaha indescriptible régnait dans l'auberge. Les coupes de vin aigre ou de bière parfumée au miel s'entre-choquaient pendant que les rires et les jurons se mélangeaient aux histoires d'un goût douteux qui faisaient glousser de plaisir de répugnantes matrones courtisées par des marins ivres aux mains baladeuses.

   Assis un peu à l'écart de cette populace, le jeune homme et la jeune fille, après une rapide inspection des différentes tables de l'auberge et après s'être assurés que personne ne leur prêtait attention, se mirent à converser à voix relativement basse mais forte assez cependant pour être entendus l'un de l'autre.

 

   Le jeune homme prit la parole en premier :

   - Désolé de t'avoir emmenée dans ce lieu mais c'est le seul coin de la capitale où nous ne risquons pas d'être reconnus. En plus, nous n'avons rien mangé depuis ce matin et je suis affamé.

   - Ne t'excuse pas Bertrand, répondit la jeune fille, je ne tiens pas à ce que le duc sache que je suis à Ethyria pour l'instant car je pense qu'il ne me pardonnera pas le fait de l'avoir fui Cinaxa. D'autre part je meurs également de faim mais voilà que je vois une servante s'avancer vers nous.

 

   En effet, une jeune et jolie jeune fille, la fille du tenancier sans doute, rejoignait la table des deux amis et prenait leur commande.

   - Ma mère est très bonne cuisinière et je vous recommande le rôti de sanglier en sauce que je vous servirai avec un petit vin de Naryth.

 

   Les deux jeunes gens acceptèrent volontiers et la serveuse rejoignit le vieux comptoir de bois déjà vermoulu derrière lequel trônait le tavernier, un géant roux qui régulièrement devait hausser le ton pour remettre à sa place l'un ou l'autre soûlard tentant d'importuner sa fille.

 

   Environ une heure plus tard, Bertrand et Eleonor, rassasiés du succulent repas qu'ils venaient d'achever, comptaient les pièces d'argent qu'il leur restaient et s'apercevaient alors qu'ils ne pourraient prendre qu'une seule chambre pour la nuit.

 

   La chambre, plutôt un bouge, ne comportait qu'un seul lit mais était également meublé d'une grande bassine destinée à se toiletter et d'un fauteuil au confort douteux.

   - Tu prendras le lit, dit le fils de Manon à Eléonor, je dormirai dans cet espèce de canapé et, ajouta-t-il en souriant, J'espère simplement ne pas m'en relever complètement brisé demain matin.

   - Je suis éreintée et ne te donnerai donc pas le lit, répondit la jeune fille. Cependant je vais faire monter de l'eau pour me laver avant de me coucher, la poussière du voyage est encore collée sur mon corps.

   - Oui, tu as raison et je ferai de même par la suite, répondit Bertrand. Après, nous tâcherons de dormir, Il nous faudra au moins trois jours pour rejoindre Ixos à cheval et nous n'avons même plus les moyens de nous en acheter ne fusse qu'un !

   - Je te fais confiance, tu sais toujours nous tirer d'un mauvais pas.

   - Oui mais cette fois, sans argent, cela devient compliqué, avoua le fils de Manon d'un air dubitatif.

 

   Le lendemain matin, les deux amis quittaient l'auberge et s'engageaient dans les ruelles étroites du quartier Est afin de gagner les hauteurs de la ville. Ayant été en poste dans la garnison de la garde ducale pendant plusieurs mois, le fils de Manon avait déjà parcouru la cité de fond en comble et en connaissait les plus petits recoins. Sa seule crainte était de se faire reconnaître par des officiers de l'une ou l'autre patrouille qui circulaient dans la ville mais en cet instant, sa principale préoccupation était de trouver au minimum un cheval ou de l'argent afin de pouvoir s'en procurer un.

   C'est donc la mort dans l'âme et avec une certaine appréhension que les deux jeunes gens déambulaient parmi les différents quartiers sans réellement savoir où cette pérégrination allait les conduire.

   Bientôt, Eléonor rompit le silence :

   - Sais-tu où aller au moins ? Cela fait maintenant plus de deux heures que nous marchons sans objectif précis, il nous faut trouver un cheval !

 

   La journée allait être chaude. Déjà les rayons du soleil pesaient lourdement sur les épaules des deux amis lorsque Bertrand, se tapant brusquement le front du poing, s'écria :

   - Mais oui... Suis-je bête ?! Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Viens, suis-moi, nous sommes sauvés !

 

   Et, prenant Eléonor par la main, il se mit à presser le pas après avoir fait demi-tour, entraînant la jeune fille qui, tout en ayant quelque mal à le suivre, demanda :

   - Hé, doucement ! Où cours tu ainsi... M'expliqueras-tu, à la fin ?

 

   Après un quart d'heure de marche rapide qui avait laissé Eléonor sans souffle, le fils de Manon s'arrêta soudain par devant une demeure d'apparence cossue où il frappa plusieurs fois le lourd battant de la porte principale.

   - Ici, nous trouverons de l'argent et des chevaux dit-il à la fille de Gildric.

 

   Quelques instants plus tard, un petit homme fluet, ayant déjà atteint la soixantaine sans doute, vint ouvrir la porte et s'exclama à la vue du fils de Manon :

   - Bertrand... Par Nélos... Si je m'attendais ?!

   - Bonjour Aron, heureux de te revoir. J'ai failli oublier que l'Alliance du Nord t'avait installé à Ethyria mais j'ai tellement eu des problèmes ces derniers temps qu'il m'était sorti de l'esprit que Aldebert, l'ex-bailli d'Ilos, avait décidé de t'introduire ici comme espion afin de surveiller les mouvements des proches du duc.

 

   Puis, se tournant vers Eléonor, le jeune homme ajouta :

   - Aron était le meilleur ami de feu mon père Jeanjean et maintenant il travaille pour nous ici à Ethyria.

 

   S'adressant de nouveau à Aron, il lui présenta la fille du gouverneur Gildric de Cinaxa.

   - Mais je vous en prie, répondit Aron, ne restons pas au dehors. Entrez donc, nous serons plus à l'aise à l'intérieur pour parler.

 

   Quelques instant plus tard, assis dans de confortables canapés et dégustant une boisson rafraîchissante, Aron et les deux jeunes gens conversaient amicalement. Se tournant vers Eléonor, l'ami de Jeanjean lui dit :

   - Et bien, sachez que vous êtes une véritable curiosité ici à Ethyria. Depuis que le duc avait annoncé son choix de vous épouser, on ne parle plus que de vous dans tous les coins de la ville. Et je suppose qu'il en est de même dans les autres cités de Meruvia !

 

   Souriant, la jeune fille répondit :

   - Oui, une erreur de jeunesse sans doute. Jamais je n'aurais dû accepter la demande de Norbert de Roncenoir. Maintenant que je me suis sauvée pour lui échapper, c'est à son courroux que je devrai certainement faire face ?

   - N'ayez crainte, répondit Aron, mon travail ici à Ethyria est également de porter secours à nos gens ainsi qu'à leurs amis. Je vous aiderai à sortir de la ville.

 

   Puis, s'adressant à Bertrand, il lui dit :

   - Quant à toi, je t'en veux d'avoir oublié que tu pouvais trouver du secours auprès de moi ici dans la capitale ?!

 

   Rougissant, le fils de Manon s'excusa pour cet impardonnable oubli et se perdit dans une interminable explication. S'adressant alors à Aron, Eléonor lui dit :

   - Ah oui... Et bien sachez que ce... jeune étourdi, nous a fait passer la nuit dans une auberge miteuse alors que nous aurions pu nous endormir dans un lit douillet ici dans cette demeure !

 

   Changeant totalement de conversation, Bertrand dit à Aron :

   - Je voudrais que tu envoies sans tarder un petit navire vers la grande crique au nord de Phaéton. Ce pauvre Enoch qui nous a tant aidés attend certainement impatiemment que l'on vienne l'en extraire et tu lui feras ensuite rejoindre Ixos en sécurité.

 

*   *   *

 

   Le lendemain, tôt le matin, après une nouvelle nuit de repos passée chez Aron, les deux jeunes gens franchissaient la porte nord d'Ethyria et galopaient sur la chaussée menant vers les cités de Sirgonia et d'Ixos. A la mi-journée, au lieu de se diriger vers le pont qui traversait le fleuve Méruvil, Bertrand expliqua à la fille de Gildric qu'ils allaient quitter la route principale et se diriger vers le Nord-est à travers la plaine afin de rejoindre plus rapidement le bourg de Nélyth là où ils pourraient passer la nuit.

   Quelques animaux sauvages furent rencontrés et évités. Au loin, sur une petite colline, un couple de smilodons s'ébattaient à l'ombre de quelques ruines. Des ours bruns furent également croisés à distance respectable mais ce qui inquiétait le plus le fils de Manon était le nombre relativement élevé d'araignées géantes que l'on pouvait rencontrer dans cette région et qui avaient pour certaines d'entre-elles, l'habitude de se cacher dans les herbes hautes tandis que d'autres se prélassaient dans l'ombre de roches éparpillées dans certains endroits de la plaine.

   Un petit point d'eau fut bientôt atteint et les deux jeunes gens décidèrent d'y faire halte. Après avoir bu abondamment, les chevaux furent attachés à l'un des quelques arbres qui procuraient un peu de fraîcheur à l'endroit, et les deux amis, après s'être désaltérés avec l'eau restant dans leurs outres, se mirent à remplir celles-ci avec une eau claire provenant du puis.

 

   - Et bien, un peu de fraîcheur n'est pas à dédaigner, dit le fils de Manon à Eléonor. Le soleil est haut dans le ciel et j'avais l'impression de cuire sur mon cheval.

   - Oui, répondit la fille de Gildric. Heureusement que nous nous sommes protégés la tête avec ces turbans qui étaient dans mon sac sans quoi nous aurions pu attraper une insolation, et bien que ma peau soit plus brune que la tienne cela n'empêche pas le soleil de la brûler !

 

   Après s'être rafraîchis le visage, les bras et les jambes à l'aide d'un linge mouillé, les deux amis s'assirent chacun sur une pierre et se mirent à manger un délicieux morceau de Porc fumé que leur avait emballé Aron.

 

   Eléonor semblait pensive et Bertrand s'en aperçut. Il demanda :

   - Que se passe-t-il donc ? Tu as l'air absente. Si c'est à Norbert de Roncenoir auquel tu penses, ne crains rien, il ne viendra pas nous trouver ici !

 

   Faisant un signe de négation de la tête, la jeune fille répondit :

   - Pas du tout ! Mais je me demande comment vais-je être accueillie dans ta famille ? Je suis une phaétonienne et qui plus est, tu devrais bientôt te marier là-bas avec cette Blanche de Sirgonia. Que ferai-je seule à Ixos ? Je dois aider mon peuple et je suis déchirée entre l'amour que je porte à mon père et mon désir de combattre sa politique néfaste !

   - Ne t'inquiètes donc pas, répondit Bertrand. Ma mère est une femme merveilleuse et je sais qu'elle te considérera comme sa fille. Quant-à l'aide que tu veux apporter à ton peuple, je te conseillerai de ne pas agir inconsidérément et de laisser quelque temps se passer avant de faire quoi que ce soit. Beaucoup de choses vont certainement changer d'ici peu en Méruvia car les alliances sont fragiles et plusieurs guerres semblent se préparer. Pour ce qui est de mon mariage avec Blanche, rien n'est décidé encore. Depuis que j'avais demandé la main de la fille de Théodorus, le gouverneur de Sirgonia, je sais que celui-ci voudrait une fois pour toutes sceller l'alliance entre sa capitale et Ixos. Ce mariage lui permettrait de renforcer sa puissance au sein de l'alliance du Nord et en ce, il est conseillé par sa tante Irène et son cousin Rupert, deux filous s'il en est. D'autre part, Blanche est d'une frivolité exagérée et agit toujours en enfant trop gâté. J'ai compris ceci dès que je t'ai mieux connue et ai appris quelle femme de caractère tu étais.

 

   Des larmes coulèrent sur les joues d'Eléonor tandis que Bertrand la prenait dans ses bras afin de la réconforter. Pendant un moment, leurs visages se touchèrent. Après s'être dévisagés un court instant, les deux jeunes gens échangèrent un long et passionné baiser.

 

 

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