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   La nuit était noire et brumeuse. Un vent fort soufflait dans la région. Ca et là, des arbres desséchés tendaient vers les cieux leurs branches noueuses et sombres en des figures fantasmagoriques. Un chariot, tiré par deux boeufs, avançait péniblement sur un chemin rocailleux de montagne et, à intervalle régulier, on pouvait entendre le crissement d'un essieu qui avait dû parcourir un trop long chemin.

   A L'intérieur, deux Sombrepaux devisaient à voix basse. Allongée sur une couche de fortune et sur laquelle une couverture de laine grise la couvrait jusqu'au cou, une jeune femme aux cheveux rouges laissait de temps à autre entendre un léger gémissement lorsqu'une roue de la vieille voiture heurtait une des nombreuses pierres qui tapissaient le chemin.

   Un coup de tonnerre se fit entendre au loin et un éclair déchira le ciel. L'orage éclata, et bientôt la pluie se déversa, drue et à grosses gouttes sur les voyageurs. Mais très vite, une haute et noire bâtisse se détacha de la brume à l'horizon et l'un des deux Sombrepaux s'écria :

   - Par Baal, enfin le château... Ce n'est pas trop tôt !

 

   Zylnyel rentrait chez elle, en Ombrie. La jeune femme, déjà très marquée par son incarcération dans les geôles du duc de Roncenoir à Ethyria, dut supporter un voyage de retour très pénible.

   L'état de la sorcière ne s'était pas amélioré. Au contraire, une grande faiblesse s'était emparée d'elle. De retour au château et après s'être concocté une potion de guérison, la jeune femme se rendit dans sa chambre, se mit au lit et dormit toute une journée et une nuit entière. Le soir, pendant qu'elle reposait, Cédric, le fils de Manon, arriva devant la grande bâtisse et y fut introduit par le sorcier Arethos lui-même.

   Le sorcier, qui avait déjà veillé toute une journée sur le repos de Zylnyel et avait renvoyé le vieux Sombrepeau qui avait sorti la reine rouge de la prison où elle était détenue, conduisit le fils de Manon dans la chambre où dormait la jeune femme. La pièce était éclairée par quelques torches murales aux flammes vacillantes. Ces dernières étaient cependant suffisantes pour apercevoir les petits meubles de chêne bordant deux murs adjacents ainsi que la quasi-totalité des différents bibelots et colifichets jetés ça et là dans la chambre.

   Cédric s'avança vers le lit où reposait Zylnyel.

   - Elle dort ainsi depuis que nous sommes rentrés ce matin, lui dit Arethos, et je présume qu'elle ne s'éveillera pas avant demain matin. En plus de sa détention dans les geôles du duc Norbert, le voyage de retour lui a été très éprouvant.

   Ignorant les paroles du sorcier, Cédric s'approcha de la couche de la reine rouge et pendant un instant la regarda dormir. Le teint de la jeune femme était toujours pâle mais une sorte de sérénité nouvelle semblait se dégager de son visage. Malgré une non négligeable perte de poids qui se remarquait notamment par le creux de ses joues, le fils de Manon la trouva encore très belle. Sa respiration était lente et régulière, signe d'un profond sommeil. Cédric en fut satisfait.

   Un peu plus tard, le fils de Manon accompagné du Sombrepeau rejoignait la salle de séjour à l'étage inférieur. Depuis toujours, et encore plus depuis que Bertrand lui avait appris que le sorcier recherchait Roswyn pour la livrer au duc de Roncenoir, Cédric haïssait Arethos. Il lui avait d'ailleurs déjà laissé entendre alors que le jeune homme commandait l'armée des Ombres. Un court instant il pensa à sa soeur, se demandant quand allait-elle pouvoir être délivrée des mains des gobelins d'Ishtouk. Bientôt il sentit le regard perçant du sorcier aux yeux de braise s'attarder sur lui. Que faisait cet elfe ici ? Pourquoi était-ce lui qui avait fait sortir Zylnyel de sa prison à Ethyria ? Le jeune homme voulu savoir. Se tournant vers Arethos, il lui demanda :

   - Dis-moi sorcier, lorsque j'ai quitté Zylnyel à Ethyria, elle m'a dit qu'il lui restait un projet à terminer avec toi. Je n'aime pas cela, je pense que tu as une mauvaise influence sur elle mais je voudrais cependant savoir de quoi s'agit-il ? Où va tu encore entraîner cette femme ?

   Un petit sourire narquois apparut sur la face du sombrepau.

   - Sache que je ne suis pas obligé de répondre à cette question, dit-il, mais puisque je sais que la reine ne te cachera sans doute rien de ses projets, je vais te le dire. Zylnyel ainsi que moi-même, avons reçu l'ordre du dieu Baal de ressusciter mon frère Maerwel car le Seigneur des Enfers a de grands desseins pour lui et…

   Le fils de Manon lui coupa la parole.

   - Que me racontes-tu donc là, sorcier ? La nécromancienne a déjà essayé de ressusciter ton frère lorsque je me trouvais ici avec les miens. Cet essai avait lamentablement échoué, ce qui avait conduit Zylnyel à tomber gravement malade ! Cette fois je ne permettrai pas qu'elle expose à nouveau sa santé.

   Toujours moqueur, le sorcier répondit :

   - Je vois que ton intérêt pour la reine grandit de jour en jour. Reste à voir si elle voudra d'un jeune coq de ton espèce ? Je peux néanmoins t'assurer que si sa première tentative s'est soldée par un échec, cette fois le succès nous sera assuré. En plus des grandes connaissances de Zylnyel en nécromancie, nous sommes certains cette fois d'obtenir l'aide de Baal lui-même.

   Le fils de Manon ne répondit pas. Mais le sorcier le vit en proie à une vive inquiétude.

   Un peu plus tard, laissant Cédric à ses nombreuses questions, Arethos prenait congé, des affaires urgentes l'appelant ailleurs.

   Avant de quitter le château, il se retourna une dernière fois vers le fils de Manon et lui dit :

   - Veille bien sur le repos de Zylnyel. Il faudra qu'elle ait recouvré toutes ses forces lors de mon prochain retour, la patience du dieu Baal a ses limites, ah ah ah. Et autre chose, jeune coq. Si tu ne veux pas que les gobelins n'envahissent à nouveau l'Ombrie et ne rasent ce château, il faudra très vite lui rendre sa mobilité afin qu'il puisse reprendre son parcours dans les airs.

 

   Arethos parti, Cedric remonta dans la chambre de la la reine, prit un siège, et se mit à veiller cette dernière. Au cours des deux heures qui suivirent, le jeune homme n'arrêta pas de se remémorer les paroles du sorcier.

   Le fils de Manon ne comprenait pas pourquoi Zylnyel voulait procéder à un nouvel essai de résurrection du sorcier Maerwel. Pourquoi la reine rouge voulait-elle se prêter de nouveau à ces horreurs ? Le fils de Manon savait pourtant que Zylnyel, bien que très versée dans l'art de la nécromancie, était loin d'avoir une âme noire. Sous des dehors quelquefois austères, la jeune femme avait un coeur généreux et savait se montrer compréhensive et même amicale. Le dieu Baal lui avait-il réellement demandé à ce que le frère d'Arethos revienne à la vie ? Mais pourquoi ? Quel étaient les desseins du dieu, cela allait-il amener de nouveaux dangers dans le royaume ?

   D'autre part, ce qui causait également une grande peur au jeune homme était l'actuelle faiblesse du château. Comme Arethos le lui avait fait remarquer à juste titre, la demeure de la reine des Ombres était désormais incapable de résister à n'importe quelle invasion. Si les gobelins d'Ishtouk, ou même le duc de Roncenoir venaient à prendre connaissance de l'actuelle immobilité du château, celui-ci serait sans doute pris en quelques jours, peut-être un peu plus selon l'effort de résistance des Ombres. Cédric était conscient qu'il devrait au plus tôt retrouver Bewolf, le professeur Nain. Lui seul pourrait remettre en marche l'immense machinerie qui permettrait au château de reprendre son envol et donc lui rendre son invincibilité. Mais le professeur était rentré au pays des Nains. Il avait rejoint sa capitale souterraine dont quiconque en ignorait l'accès.

   Cédric se senti fatigué et impuissant face à toutes les nouvelles difficultés qu'il allait devoir affronter. Mais son premier voyage, il devait l'accomplir en Orcie. Il irait rencontrer Braniek et faire rendre la liberté à son frère Lothaire et ses deux soeurs Aliénor et Gwendolyn. Zylnyel le lui avait promis, elle écrirait un mot au roi des Orques afin que celui-ci permette aux enfants de Manon de rentrer cher eux.

   Un petit gémissement de la reine attira l'attention de Cédric. Zylnyel venait d'ouvrir les yeux. S'apercevant de la présence du fils de Manon, un léger sourire dessina les lèvres de la reine. Elle balbutia :

   - J'ai soif... je voudrais boire.

   Quittant la pièce et revenant presque aussitôt avec une petite coupe remplie d'eau, Cédric souleva lentement la tête de Zylnyel et la fit boire.

   - Tu es revenu au château, lui dit celle-ci, et je vois que tu prends soin de moi.

   - Oui, répondit Cédric, je suis ici pour veiller sur toi et t'aider à reprendre des forces. Mais il fait encore nuit, tu dois te reposer, je resterai à tes côtés.

   - Tu es mon jeune et beau chevalier, répondit la reine, merci d'être là pour moi.

   Sans répondre, Cédric déposa un baiser sur le front de Zylnyel puis, après s'être enveloppé d'une couverture, il éteignit les torches et se rassit sur son siège. Quelques minutes plus tard, la reine ainsi que le fils de Manon dormaient profondément.

 

   Dès l'aube, Cédric s'éveilla le premier. Un petit halo entrait maintenant par la fenêtre donnant sur l'extérieur du château. Le fils de Manon jeta un coup d'oeil vers Zylnyel et, après avoir constaté que celle-ci dormait toujours, il se dirigea vers l'ouverture donnant au dehors. Il vit avec satisfaction que la pluie avait enfin cessé. L'orage avait cependant grondé toute la journée et un torrent d'eau s'était déversé jusqu'au milieu de la nuit dans cette région de l'Ombrie.

   Ce pays est maudit, pensa Cédric tout en regardant les voisinages désolés et boueux qui entouraient le château. De temps en temps, le coassement d'un couple de corbeaux venait rompre un silence presque effrayant.

   A une petite distance de l'imposante construction, le fils de Manon aperçut quelques Ombres se mouvoir en plusieurs directions. Cela le rassura quelque peu. Concentrant ses pensées, il s'apprêtait à dialoguer avec elles quand il entendit du bruit provenant du lit de la reine.

   Zylnyel, en position assise et frottant ses yeux, sortait de son sommeil. Lentement, son regard fit le tour de la chambre puis, apercevant le fils de Manon debout devant la fenêtre, elle dit :

   - Il fait jour... J'ai tellement dormi.

   Cédric s'avança vers la reine et demanda :

   - Comment te sens tu ce matin ?

   - Mieux qu'hier en tout cas, bien que je me sente encore faible.

   - Rassure-toi, c'est normal. Tu as vécu une véritable épreuve depuis le jour où tu as été enfermée à Ethyria. Il te faudra du temps avant de te remettre complètement. Mais tu es forte, tu oublieras tout ça.

   - Je meurs de faim, dit brusquement Zylnyel, demande aux Ombres de nous préparer un repas, je vais prendre un bain en attendant. J'étais trop faible pour le faire en rentrant mais aujourd'hui je me sens toute sale et j'ai hâte d'enlever cette poussière qui colle encore à ma peau.

   Laissant la reine à ses occupations, le frère de Bertrand descendit d'un étage et donna ses instructions à deux Ombres qui se trouvaient dans la cuisine. Un peu plus tard, il sortait du château et inspectait les environs. Il s'approcha de quelques-uns des guerriers et, toujours par télépathie, leur donna des instructions nécessaires afin de mieux protéger le château et d'aller surveiller les frontières du pays des gobelins ainsi que de Meruvia.

   Une partie de l'armée doit absolument surveiller ces frontières, pensa Cédric, Zylnyel n'est plus en sécurité ici. Si seulement elle voulait quitter cet endroit et venir rester en Meruvia avec moi ?!

   Le jeune homme procéda à quelques autres investigations dans les environs et repéra plusieurs endroits qui devaient particulièrement être surveillés. Depuis son combat contre les troupes du Gobelin Ishtouk, Cédric avait beaucoup appris et avait amélioré ses dons de stratège. Il était toujours étonné mais fier des résultats qu'il avait obtenus en combattant les gobelins qui s'étaient risqués à envahir la frontière sud de l'Ombrie. Maintenant, il avait un autre but. Quand il aurait ramené son frère et ses soeurs sains et saufs à Ixos et que le château aurait enfin retrouvé toutes ses protections, il proposerait ses services au général Eudes. Il serait heureux de combattre aux côtés de son frère Bertrand et ainsi pouvoir écraser les troupes de ce maudit duc de Roncenoir. D'autres pensées le hantaient, cependant. Il s'était juré d'être le protecteur de Zylnyel, cette jeune femme qui maintenant était chère à son coeur mais qui ne lui montrait aucun amour en retour. Sans doute la reine rouge ne voulait-elle pas se lier à un homme aussi jeune que lui, ou alors avait-elle d'autres projets qui la liaient à quelque chose ou quelqu'un dont Cédric ignorait l'existence ? Quoi qu'il en soit, il s'était juré d'essayer de soustraire Zylnyel de cette mauvaise influence à laquelle elle était soumise en côtoyant ce maudit sorcier, Arethos.

   Cette dernière pensée rappela le fils de Manon à la réalité. Cela faisait un certain temps maintenant qu'il avait quitté les abords du château et il était temps pour lui de rejoindre la reine et partager son repas.

   Zylnyel attendait Cédric. La reine, vêtue d'une tunique de soie blanche qui lui arrivait à mi genoux, dit au jeune homme en le voyant entrer.

   - Tu veux réellement me laisser mourir mourir de faim ? Regarde cette merveilleuse table que mes Ombres nous ont préparée.

   Effectivement, Cédric pu s'apercevoir que celle-ci était couverte de plats de viandes de cochon grillés, faisans et perdreaux, ainsi de corbeilles de fruits exotiques. Etonné, le fils de Manon dit à la reine :

   - Je suis toujours en admiration devant les mets qui sont servis ici au château, je ne t'ai jamais posé la question auparavant mais où vas-tu donc chercher toute cette nourriture ? Rares sont les gibiers en Ombrie.

   Présentant un siège au fils de Manon afin qu'il s'asseye en face d'elle, Zylnyel sourit et répondit :

   - Mes Ombres vont régulièrement chasser dans le nord des Collines de Rochegrise en franchissant le col étroit qui nous sépare de Meruvia. Pour ce qui est du reste, je fais appel à l'un ou l'autre négociant qui me fournit en fruits, vins et marchandises diverses. J'ai fait monter de la cave cette carafe d'un délicieux petit vin de Nélyth, dans les Plaines de l'Ouest. J'espère qu'il te plaira. Assieds-toi et mangeons, je crois que je vais sans doute devoir répondre à quelques-unes de tes questions, il y a déjà un certain temps que nous ne nous sommes pas vus.

 

   Neanmoins, le repas se passa sans qu'aucun des deux jeunes gens ne se lance dans une conversation animée. Tout au plus échangèrent-ils quelques banalités sur les mets qu'ils purent déguster. A la fin du repas, Cédric, qui avait tant et tant de questions à poser à la reine, se lança le premier.

   - Je resterai deux ou trois jours auprès de toi pour veiller à ton rétablissement, dit-il. Ensuite je prendrai le chemin de l'Orcie afin de rendre compte à Braniek que tu as pu t'enfuir des geôles d'Ethyria et que tu es maintenant en sécurité chez toi. Il t'est redevable de la vie, la potion que tu lui as concocté l'a guéri de son empoisonnement. Son bon vouloir a permis que je puisse te retrouver dans la capitale de Meruvia mais il attend mon retour et a gardé les miens en otages. A ce sujet je voudrais te rappeler ta promesse de faire libérer mon frère et mes soeurs, je les ramènerai à Ixos puis je m'efforcerai de retrouver Bewolf, le savant Nain. Le château doit reprendre sa course dans les cieux, pour l'instant il est trop vulnérable.

   Zylnyel essuya délicatement ses lèvres et, servant une nouvelle coupe de vin à Cédric, répondit :

   - J'ai déjà préparé un message pour l'Orque Braniek pendant que tu étais sorti du château ce matin. Je tiens ma promesse car je te dois beaucoup et d'autre part je ne suis plus soumise au bon vouloir de Norbert de Roncenoir. Désormais, à l'instar de nombre de Meruviens, je le considère comme mon pire ennemi.

   - Et j'en suis rassuré, dit Cedric. Je suis heureux d'entendre que désormais tu ne lui feras jamais plus confiance. Mais il est un autre sujet qui me tient à coeur et dont je voudrais t'entretenir. Je ne vois pas d'un très bon oeil cette relation que tu entretiens avec ce maudit sorcier Arethos. Ce dernier m'a d'ailleurs appris qu'il entrait dans vos intention de procéder à la résurrection de son frère Maerwel. Ce serait, paraît-il, le dieu des Enfers qui vous l'aurait demandé mais j'en ignore le but ?

   - Il ne s'agit pas d'une demande, répondit Zylnyel d'un air las, mais bien d'une exigence. Baal a de nouveaux desseins pour Maerwel. J'ai failli lors de mon premier essai mais cette fois le dieu sera intraitable.

   - Et sais-tu quelles sont les intentions du dieu envers le sorcier Marwel ?

   Oui, Zylnyel connaissait la réponse. Elle savait depuis toujours que Baal lui avait réservé le frère d'Arethos pour époux. Tous les deux devraient prendre la tête de la tribu des Sombrepaux établis dans une île lointaine au sud-est de Meruvia et finalement s'asseoir sur le trône d'Ethyria que le dieu voulait relier à son monde des enfers. La reine ne pouvait rien dévoiler à Cédric. Elle mentit.

   - Je l'ignore, répondit-elle, seul Baal décidera.

   Cédric se sentit mal à l'aise. Finalement il pu balbutier :

   - Si j'ai décidé de te protéger d'Arethos et si j'essaye de te dissuader de ce projet c'est parce qu'il y a une raison importante à mes yeux.

   - Tu es gentil, répondit la reine, quelle est cette raison ?

   Le fils de Manon se leva et fit le tour de la table. Arrivé aux côtés de Zylnyel, il mit un genou à terre, pris les deux mains de la reine dans les siennes et, la voix tremblante, déclara :

   - Zylnyel... Depuis tout ce temps, n'as-tu pas encore compris ? Je t'aime... Abandonne toutes ces folies. Je t'emmènerai avec moi à Ixos, le dieu ne pourra rien contre toi.

   Une larme perla aux yeux de la reine.

   - Si seulement c'était si simple, Cédric. Ne crois pas que tu me sois indifférent, je suis certaine que je ne pourrais pas avoir un meilleur ami que toi. Mais je ne peux pas être plus qu'une amie pour toi et je le regrette, crois-moi. Pardonne-moi si je te fais souffrir mais je ne peux me soustraire à la volonté de Baal, il m'atteindra partout là où je serai.

   Déçu, le jeune homme se redressa. Il répondit :

   - Même si tu me réponds de cette manière aujourd'hui, sache que je ne désespérerai jamais de me faire aimer de toi un jour, Zylnyel. Je continuerai cependant de toujours essayer de te protéger du mal qui t'entoure.

   Inquiète d'entendre les dernières paroles su fils de Manon, la jeune femme pensa :

   Mais je t'aime aussi, Cédric. Je ne peux malheureusement pas me lier à toi et t'entraîner de la sorte dans un tourbillon de haine et de violence qui te détruirait certainement.

 

   Trois jours plus tard, alors que la santé de la reine s'était déjà fortement améliorée, le jeune homme sellait son cheval et prenait la direction de l'Orcie. Juste avant de quitter Zylnyel, il lui avait dit :

   - Avant de partir pour le Pays des Nains, je reviendrai dès que les miens seront en sécurité à Ixos. Au moindre problème envoie moi un message.

 

 

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